Angra
Rebirth
NTS

1 - In Excelsis - 1:05
2 - Nova era - 4:52
3 - Millenium Sun - 5:09
4 - Acid Rain - 6:09
5 - Heroes Of Sand - 4:37
6 - Unholy Wars - 8:13
7 - Rebirth - 5:15
8 - Judgement Day - 5:37
9 - Running Alone - 7:12
10 - Visions Prelude - 4:31

Même s'il y avait eu quelques signes, le "parfait split" d'Angra fut tout de même une des plus désagréables surprises de l'année passée. Après cette séparation est venu le temps du match à distance entre Angra et Shaman (avec Marutti, Matos et Confessori). Shaman avait déjà pris un avantage sur le papier en comptant dans ses rangs ce qui faisait un peu l'âme du groupe, à savoir le chanteur André Matos, alors qu' Angra semblait vouloir recruter Edu Falashi d'un autre groupe brésilen, Symbols, que l'on voyait mal dans Angra à l'écoute de l'album de ce chanteur.
Un avantage encore un peu renforcé avec l'alignement d'un groupe complet au Festival de Colombe cette année avec quelques zones d'ombre : aussi talentueux soit Hugo, le frère-guitariste de Luis Mariutti (basse), il ne peut remplacer la paire Loureiro/Bittencourt et les nouvelles compositions de Shaman entendues alors étant loin d'être aussi accrocheuses que les autres chansons d'Angra jouées ce soir là. C'est avec la démo Acid Rain que Angra va renverser la vapeur avec une superbe chanson très bien interprétée par le nouveau chanteur. Rebirth, le nouvel album viendra t-il confirmer la tendance ?

Et Rebirth est tout de même une bien bonne surprise ! La première curiosité reste le chant de ce Edu Falashi, on remarque tout de suite qu'il a conservé beaucoup d'intonations d'André Matos comme sur le premier titre, Nova Era. Pourtant le chant et la texture de la voix de Edu sont vraiment très différentes : parfois, nous pensons à James Labrie (Dream Theater) sur Heroes Of Sand ou Mike Vescera (Malmsteen, Grapow, Loudness…) sur Rebirth, Millenium Sun… bref, il est globalement plus grave qu'André, plus puissant aussi. Les intonations rappelant André tout au long de l'album sont probablement là à titre de transition, il est fort à parier que beaucoup de choses seront différentes au prochain album car ce nouveau chanteur à une voix bien personnelle qu'il serait dommage de ne pas exploiter à fond.

Le second élément qui choque un peu, c'est la production très "Power Metal" Européen de Dennis Ward (Adagio, Pink Cream 69, Vanden Plas, Dyslesia…). Pour ma part, je ne pense pas que ce soit un très bon choix, toujours à cause de cette batterie sonnant de manière très artificielle qui empêche définitivement de connaître le véritable niveau de Aquiles Priester, le nouveau batteur, et prive les compositions d'une certaine chaleur. Les chansons sont, de manière générale, plus directes et encore une fois, si certaines influences brésiliennes persistent, comme sur Unholy Wars qui ressemble à un Carolina IV bis (c'est pour fans français), sur d'autres titres elles sont largement atténuées, avec notamment le très "Symphony X" Acid Rain (pour les fans japonais), il peut d'agir d'une simple transition destinée à ne pas choquer les fans.

Un des points forts de l'album, c'est surtout l'exceptionnelle paire de guitaristes dont les solos n'ont jamais été aussi étourdissants. De vrais, de bons solos avec beaucoup de technique, certes, mais avec une âme, du feeling, et de l'énergie comme il en existe peu dans le métal européen. Nous pouvons y réfléchir longtemps, mais quel groupe a t-il déjà contenu et fait aussi bien cohabiter deux guitaristes d'un niveau tel que celui de Loureiro et de Bittencourt ?

Mis à part le fait que Dennis Ward semble penser qu'il faille choisir entre la classe et l'efficacité en matière de production, nous sommes, au niveau des compositions, proche d'un sans-fautes, avec un chant qui ne souffre pas de la comparaison avec celui d'André Matos. Aussi, cet album est sagement calculé pour plaire à un public large : de la technique et une certaine complexité qui réjouiront les fans de Dream Theater ou un petit côté symphonique pour les accros à Symphony X et le public japonais qui a toujours préféré Angel Cry. Les touches brésiliennes sont toujours là pour nous autres français dont notre chou-choux reste Holy Land, mais avec cette fois-ci un côté plus direct façon Stratovarius pour séduire l'Europe du Nord, jusque là peut réceptive à la musique des brésiliens. Aussi, Il y en aura pour reprocher au groupe de ne pas avoir apporté un certain vent de fraicheur sur cet album comme avec Holy Land, mais bon, après de tels aventures, nous pouvons être indulgents. Non, vraiment, Rebirth est digne d'Angra et coule tout seul dans l'oreille, rien de plus qu'un chef d'œuvre !


Titre favori : Unholy Wars

Le groupe est composť de :
Edu Falashi : chant
Kiko Loureiro : guitares
Rafael Bittencourt : guitares
Felipe Andreoli : basse
Aquiles Priester : batterie

Albums :
Angels Cry - 1993
Holy Land - 1996
Fireworks - 1998
Rebirth - 2001

Site officiel :
http://www.angra.net

 

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