Blind Guardian
And Then There Was Silence
Virgin

1 - ...And There Was Silence - 14:06
2 - Harvest Of Sorrow - 3:39

Trois ans depuis la sortie de leur dernier chef d'œuvre, Blind Guardian est définitivement un groupe trop bon pour sortir aussi peu d'albums, même si cela fait plus d'un an qu'ils sont en studio en compagnie de Charlie Bauerfeind pour la conception du prochain album (A Night At The Opera, sortie le 04/03/02) dont And Then There Was Silence est extrait. Habituellement, les groupes réservent pour le single leur titre le plus direct, court de préférence, ou éventuellement une ballade. Blind Guardian semble pourtant jouer la carte de la différence, car sur le papier, cette chanson dont le thème principal tourne autour de la guerre de Troie, fait plus de 13 minutes.

La première écoute de And Then There Was Silence m'a plongé dans la perplexité et l'étonnement… En chiffre, on pourrait dire que dans les 14 minutes de ce titre, on trouve au moins une quarantaine de plans différents et largement assez d'idées majeures pour écrire environ cinq titres dans une structure plus conforme aux classiques du groupe. En réalité, ce titre déborde d'arrangements dans tous les sens, avec d'incessants changements de rythmes, alternant les charges de cavalerie lourde et les douceurs atmosphériques : nous découvrons pourquoi le groupe est resté si longtemps en studio.
Les musiciens, à avoir concentrer autant d'idées excellentes tout en choisissant de ne pas s'attarder sur chacune afin de la développer, donnent l'impression de rois jetant avec désinvolture des poignées de diamants à la populace éberluée. L'opulence des arrangements, claviers et effets divers vont encore bien plus loin que sur Nightfall In Middle Earth. Les victimes de cette démesure sont les guitares, moins misent au premier plan dans ce déluge de notes, parmi lesquelles survolent les multiples facettes de la fantastique voix de Hansi Kursh. Ainsi, nous sommes donc très loin de la sobriété de Demons And Wizards, mais Charlie et ses drôles de bardes promettent que le reste de l'album restera tout de même plus traditionnel et considère ce titre comme expérimental. Le second titre, Harvest Of Sorrow est une bien belle ballade acoustico-symphonique dans la tradition du groupe, même si elle avait été écartée sur le précédent album, la qualité des arrangements trahissent la toute fraîcheur de son enregistrement.

Le terme démonstratif en musique s'emploie souvent lorsque la prouesse technique prend le pas sur les idées et les mélodies pour simplement en mettre plein la vue. Ici, c'est probablement la première fois que l'on entend une musique si démonstrative…au niveau de la créativité ! Le but est aussi le même : en mettre plein la vue et c'est sûrement dans ce sens que ce titre a été conçut. Toutes ces idées, séquences ou refrains auraient à mon sens, mérités plus de développement, mais par ailleurs, cette chanson, de part sa densité inouïe, a un caractère unique et ne cesse de révéler ses trésors au fil des écoutes…une nouvelle forme de métal progressif ? Au moment ou j'écrit ces lignes, nous sommes le lundi 26 novembre, et plus que jamais je vais compter les jours : J- 98 !!!

 

Le groupe est composť de :
Hansi Kürsch : chant
André Olbrich : guitares
Marcus Siepen : guitares
Oliver Holzwarth : basse
Thomen Stauch : batterie

Albums :
Battalions of Fear - 1989
Follow the Blind - 1990
Tales from the Twilight World - 1991
Somewhere Far Beyond - 1992
Imaginations from the Other Side - 1995
Nightfall in Middle-Earth - 1998

Site officiel :
http://www.blind-guardian.com

 

 

 

 

 

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