Savatage
Le 14 novembre 1998
Elysée Montmartre

 

Première partie : Mind Odyssey / Rough Silk

Devant l'excellente réputation du groupe sur scène, c'est avec une grande impatience que je me suis rendu ce soir là à l'Elysée Montmartre.
Pour une fois, j'étais presque à l'heure, mais les premières parties avaient déjà joué. L'heure du concert était fixée à 19h30, mais c'est à 18h00 que Mind Odyssey est monté sur scène. C'est maintenant à mon plus grand regret car leur album "Nailed to the shade" que j'ai écouté par la suite est vraiment bon. Mais l'annonce de la très longue setlist et la démonstration qui allait suivre m'a rapidement fait oublier cette petite déception.

Pas beaucoup de monde, 500 personnes environ, dans la salle qui est scindée en deux par un rideau noir. En effet, ça fait déjà un bout de temps que "The wake of Magellan" est disponible chez nous (contrairement au U.S.A ou le disque est disponible depuis peu) et que l'activité du groupe chez nous est au point mort (changement de label, probablement SPV).

Après une bande enregistrée annonçant l'arrivé imminente du groupe (un instrumental symphonique excellent), le groupe attaque pied au planché avec le très musclé "Nothing going on". Première constatation, le son est absolument terrifiant, proche de la perfection, et très puissant. Le groupe balance dans la foulée "Chance", un classique en concert, dont le passage à plusieurs voix est vraiment déconcertant : quand on pense que certains groupes on toutes les peines du monde à aligner un bon chanteur, Savatage dispose de deux chanteurs d'exceptions, Zak Stevens et Jon Oliva (même Al Pitrelli se débrouille très bien ! ).

La performance du groupe à été soutenue par des éclairages tous simplement extraordinaires, c'est vraiment le point fort du concert, on en a vu de toutes les couleurs, et la mise en place du groupe combinée avec les lumières ont donné un aspect un peu théâtral au spectacle (là, on peut vraiment parler de spectacle). J'espère que des jeunes formations de talent, comme Rhapsody sauront s'en inspirer.

Sur la setlist, beaucoup de titres sont extraits de l'album "Streets", et pour cause : Jon Olivia a beaucoup chanté. Le chant de Jon en vrai, ça fait quelque chose, surtout sur des titres comme "Tonight he grins again", où il nous a filé carrément des frissons. Zak Steven n'est pas en reste non plus : il chantera tous les titres des quatre derniers albums et quelques classiques de la période Jon Oliva. Il chante d'une manière hallucinante, sans forcer, précis (comme sur les disques) et vraiment puissant.

Au niveau instrumental, ce n'est pas au niveau de certains virtuoses du metal progressif, mais ça tiens bien la route, avec une section rythmique en béton armé. Al Pitrelli est un très bon guitariste, mais je n'ai pas compris pourquoi il n'a pas joué tous les solos, car l'"hommage" pour Chris Oliva avec l'instrumental acoustique "Sleep" a tourné au massacre sur les parties solos de Chris Caffery, qui avait l'air plutôt embarrassé dans ce domaine.

Les passages à sensations :
Toutes les plages instrumentales du type "dead winter dead / The wake of Magellan" renforcées par les lights sont indescriptibles, il faut voir ça au moins une fois (au moins !), c'est du très grand spectacle.
"Les classiques", comme "Syrens"/"The dungeons are calling", "Gutter ballet", et surtout l'incroyable "Hall of the mountain king" en medley avec "Christmas eve" sont autant de baffes qu'on a pris ce soir là.


C'est une sorte de Savatage à deux visages que l'on a vu ce soir : l'un, plein d'énergie, de démesures, et l'autre, émotionnel et intimiste.
Probablement le concert de l'année qui m'a le plus marqué, où toutes les images de cette soirée sont toujours présentes dans mon esprit.

Les albums lives de Savatage :

Live in Japan 94 : ce disque représente une configuration proche de celle du concert de Paris, mais les compositions sont un peu apauvries car il n'y a pas la même dualité entre les deux chanteurs. Bon disque tout de même avec un bon son.

Ghost in the ruins : si vous ne deviez n'avoir qu'il seul disque de la période de savatage ou seul Jon Olivia était au chant, pas d' hésitations, ce disque est une gigantesque tuerie, le son est effroyable et Chris Oliva, en véritable virtuose, fait une démonstration éclatante de sa dextérité, Jon Oliva est absolument impérial au chant, et l'ambiance live est infernale. Un des meilleurs live de metal de tous les temps.

La Setlist :

1. intro instrumentale

2. nothing's going on (@)
3. chance (@)
4. jesus saves (+)
5. taunting cobras (@)
6. edge of thorns (*)
7. blackjack guillotine (+)
8. the wake of magellan / 9. one child / 10. the storm ($ % $)
11. tonight he grins again / 12. new york city don't mean nothing / 13. stare into the sun / 14. I am (+ + @ %)
15. starlight (%)
16. streets / 17. strange wings / 18. ghost in the ruins (+ § +)
19. heal my soul / 20. little too far (+ +)
21. believe (+)
22. the dungeons are calling / 23. sirens (# &)
24. gutter ballet (¤)

- Rappel 1 -
25. silk and steel (acoustique) (¤)
26. sleep (acoustique) (*)
27. only women bleed (acoustique) (reprise Alice Cooper)
28. not what you see (acoustique) (%)

Rappel 2 -
30. another way ($)
31. power of the night / 30. the hourglass (€ $)
32. hall of the mountain king / 33. christmas eve/sarajevo 12-24 (§ %)
34. Final

@ : Handfull of rain
+ : Streets...
* : Edge of Thorns
$ : The wake of Magellan
%: Dead Winter Dead
§ : Hall of the mountain king
# : The dungeons are calling
& : Sirens
¤ : Gutter ballet
€ : Power of the night

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