Adagio
Interview
Stephan Forte et Franck Hermanny
Paris, le 11 janvier 2001

Adagio : ce non ne vous dit peut-être pas encore grands choses, mais il s'agit du projet de Stephan Forte avec une formation constituée de pointures internationales telles que David Readman, Richard Andersson et Dirk Bruinenberg. Nous avons rencontré le guitariste accompagné de Franck Hermanny, le bassiste.

Jérôme : Stephan, quand as-tu commencé à jouer de la guitare ?

Stephan : J'avais 5 ans. C'est mon frère qui m'a offert ma première guitare et c'est aussi lui qui m'a fait découvrir le Hard Rock. J'ai commencé à bosser sur les plans de I'm Eighteen d'Alice Cooper, et après y a eu Ted Nugent mais la grosse révélation c'était avec Yngwie et l'album Rising Force. C'est après ça que j'ai fini par prendre des leçons de guitare.

Jérôme : Et ta première démo ?

Stephan : J'ai fait d'abord une démo de 4 titres instrumentaux, Vision. C'était l'instrumental qui me branchait vraiment en fait, et c'est toujours un peu le cas. Tu sais, les trucs de chez Shrapnel. Donc cette démo, je l'ai envoyé un peu partout, cela m'a ouvert des portes et j'ai pu trouver des endorsements.

Jérôme : Tu as même fait les premières parties de Steve Vai et Yngwie Malmsteen…ça fait quoi ?

Stephan : Yngwie, c'était mon maître à penser depuis longtemps alors j'étais aux anges et même si je n'ai pas vraiment eu beaucoup de contacts avec lui, ce fut vraiment une bonne expérience. En plus l'accueil du public était vraiment sympa.

Jérôme : Comment t'es venu l'idée de faire un album comme celui d'Adagio ?

Stephan : Même si mon truc c'est l'instrumental, j'ai réalisé qu'il fallait que je mette du chant pour toucher un plus large public. Alors pendant deux ans, j'ai travaillé chez moi sur les compositions et j'ai programmé tous les titres. Après Olivier (Garnier) m'a demandé avec quels musiciens j'aimerais travailler et nous avons pensé au claviériste Vitalij Kuprij (Artension, Mark Boals, albums solos…). Je suis donc parti à Philadelphie pour enregistrer la maquette. Artistiquement et humainement avec Vitalij, nous nous entendions très bien, mais finalement il y a eu des désaccords au niveau business donc nous n'avons pas pu continuer ensemble. Ce n'est pas dit qu'on ne retravaille pas ensemble un jour…

Jérôme : J'avais cru comprendre qu'il avait tiré un trait sur le métal.

Stephan : Non, pas du tout, d'ailleurs il a travaillé sur l'album de Mark Boals. A ce sujet, ce n'est plus Mc Alpine à la guitare, qui a été remplacé par George Bellas et il s'agit maintenant d'un véritable groupe, Ring Of Fire. Vu qu'avec Kuprij ce n'était plus possible, j'ai contacté Jens Johansson (Stratovarius). Quand il a reçu la démo, il a beaucoup aimé et il était partant mais il a préféré faire un petit break avec la tournée de Stratovarius, alors que nous partions enregistrer l'album. J'ai donc contacté Richard Andersson de Majestic et c'est lui qui joue sur l'album. Quand Jens est revenu, il m'a demandé quand allions nous enregistrer mais c'était trop tard. En tous cas, il jouera sur mon album solo.

Jérôme : Et le chanteur David Readman ?

Stephan : C'était au festival de Raismes… en fait, avec Olivier, on pensait à un chanteur plutôt Scandinave et je voyais bien Goran Edman. Et j'ai vu David avec Pink Cream 69 sur scène ce jour là et j'ai flashé sur la voix. Finalement, il a adoré la démo, et ça c'est fait. Même s'il fait plus dans le Style AOR, j'ai vraiment pensé qu'il y avait un truc à faire et résultat sonne tout à fait comme je l'imaginais.

Jérôme : Franck, peux-tu nous raconter ton parcours avec Adagio ?

Franck : Avec Stephan, nous sommes amis depuis 4 ou 5ans et nous avons fait déjà plusieurs concerts ensemble. Il m'a demandé si la musique me plaisait et si je voulais faire partie du groupe, j'ai trouvé ça super et c'était de plus une très bonne opportunité. L'avantage en bossant avec Stephan, c'est qu'il y a au moins une personne dans le groupe avec qui on peut parler français (rire). Evidement, je suis de plus très content de jouer avec tous ces excellents musiciens.

Jérôme : Et quelles sont tes influences ?

Franck : Peu de métal en fait…Patitucci, Alain Caron, même si lorsque j'ai commencé j'étais branché à fond dans Cliff Burton et Steve Harris. Je les respecte toujours énormément car ce sont eux qui m'ont donné l'envie de jouer.

Jérôme : Ne trouves-tu pas que la basse est un peu le parent pauvre du métal ?

Franck : Le problème du métal, c'est qu'il y a tellement de gros son pour la guitare et la batterie que la basse sert plus à renforcer le son, à y donner une épaisseur plutôt qu'en instrument soliste. Bon, c'est vrai que sur l'album nous nous sommes parfois lâché avec quelques passages assez techniques mais dans l'ensemble, ça reste de l'accompagnement.

Jérôme : Es-tu de Montpellier aussi ?

Franck : Oui, j'habite dans la région.

Stephan : Je voulais des musiciens qui aient un très bon niveau technique et des gens avec qui je m'entende vraiment bien car dans ce genre d'aventure, le rapport humain est primordial si on table sur le long terme. Là je peux dire que c'est vraiment le cas avec Franck et tous les autres.

Jérôme : Pourquoi avoir choisi Dirk à la batterie ?

Stephan : Je l'avais déjà rencontré auparavant, j'aimais bien ce qu'il faisait dans Elegy et il est très inspiré de Dean Castronovo qui est un de mes batteurs préférés. Nous avons tout de suite été d'accord.

Jérôme : Que pense-tu du dernier album d'Elegy ?

Stephan : Déjà il y a Patrick Rondat et j'adore ce qu'il a fait dessus, de superbes solos.

Jérôme : As-tu vraiment dirigé tout ou les musiciens ont-il pu mettre une touche plus personnelle ?

Stephan : Non, j'ai même encouragé les initiatives, pour qu'il règne un esprit de groupe.

Jérôme : Une Tournée serait prévue alors ?

Stephan : Oui, en mai ou juin avec Symphony X mais rien n'est encore confirmé.

Jérôme : Ca va faire une belle affiche !

Stephan : Je suis surtout très content de jouer avec Symphony X, c'est un groupe que je respecte énormément.

Jérôme : Tu en as pensé quoi du concert de l'Elysée Montmartre ?

Stephan : Fabuleux…je les ai vu plusieurs fois en fait. Le meilleur reste celui de Lyon sur la tournée d'avant mais là aussi…le public était super. Pourtant, ils font peu de concerts mais ils ont montré à tout le monde que ce n'était pas qu'un groupe de studio.

Jérôme : Il y a un autre truc qui t'a branché dernièrement ?

Stephan : Oui, Ascend de Greg Howe, vraiment fabuleux. Des trucs de musique classique aussi, comme Bartok, je suis fan !

Jérôme : Ca fait longtemps que tu écoutes du classique ?

Stephan : Je n'écoute pratiquement plus que ça en fait, depuis près de deux ans. Ce sont des musiciens comme Malmsteen qui m'ont amené au baroque, puis ça m'a renvoyé vers pleins d'autres styles, voir même des choses un peu orientales.

Jérôme : Aurais-tu des albums à conseiller à quelqu'un qui voudrait découvrir le classique ?

Stephan : Pour le baroque, on va dire les Concertos Pour Clavecins de Bach. Pour le classique, je suis très Mozart, donc le Requiem dans son ensemble. En ce qui concerne le romantique, Rachmaninov le Concerto Pour Piano numéro 2 et 3. Ensuite, Bartok…il y en a tellement. Sonate Pour Violon Seul, le Concerto Pour Orchestre, la Sonate Pour Deux Pianos et Percussions, les 4 Pièces Pour Orchestre. Et aussi Satie, les Gnossiennes…j'adore les Gnossiennes.

Jérôme : Et la musique de Film ?

Stephan : J'aime beaucoup aussi. Franck et moi nous sommes fan de John Williams, Star Wars, Les Dents De La Mer. Mais aussi Dany Elfman, James Horner…

Jérôme : Tu as parlé d'un album solo, ce sera un instrumental ?

Stephan : Oui, c'est quelque chose dont je ne peux pas me passer. Je suis d'ailleurs en train de bosser dessus depuis mon retour d'Allemagne. Ce sera assez différent de Adagio car il y aura d'autres influences, comme des plans Death Metal…ce sera très sombre avec beaucoup de solos.

Franck : Et des orchestrations aussi.

Jérôme : Et qui seront les musiciens ?

Stephan : Franck à la basse, et pas mal d'invités, comme George Bellas et Michael Romeo qui viendront faire des solos. Il y aura Jens Johansson, et probablement d'autres musiciens.

Jérôme : Un deuxième album d'Adagio est t-il prévu ?

Stephan : Oui, en fait, tous les musiciens se sont beaucoup investis dans Adagio, donc l'équipe restera la même. Par exemple David participe activement à la promo, il est vraiment très enthousiaste pour la suite des évènements. J'ai été agréablement surpris qu'il aime autant le style d'Adagio, qui est tout de même assez différent de Pink Cream 69.

Jérôme : Ca ne risque pas de créer des problèmes ?

Stephan : Pour l'instant, il réussit parfaitement à gérer ses deux activités, mais s'il doit faire un choix un jour, ce sera à lui de décider.

Jérôme : N'y a t-il pas eu d'ambiguïtés à ce sujet en studio avec Denis Ward (producteur et bassiste de Pink Cream 69) et David ?

Stephan : Non, car en studio, Denis s'en tient vraiment à son rôle de producteur et a travaillé sur l'album avec cœur. De plus, il était particulièrement content d'entendre David chanter aussi bien dans un autre registre.

Jérôme : Ca fait quoi d'enregistrer dans un studio comme le House Of Audio ?

Stephan : Déjà c'est un studio énorme avec un tel équipement… En plus nous avons eu le temps de tout faire comme il fallait, c'était vraiment super.

Jérôme : L'album sort le 13 mars….

Stephan : Oui, sur NTS et le 15 mai au Japon sur Avalon. Dans le reste du monde, c'est LMP, le disque y sera probablement disponible un peu avant la sortie du Japon.

Jérôme : Pour un premier album, c'est assez fort, non ?

Stephan : Oui, surtout que l'on sera même distribué aux USA, en Amérique du Sud, en Australie…

Jérôme : Je n'ai pas encore vu la pochette de Adagio…qui l'a dessiné ?

Stephan : C'est Isabel De Amorin, comme les derniers disques de Vanden Plas. Elle a fait un travail fabuleux surtout que la pochette représente un peu le style de musique de l'album, avec les idées que j'avais donné. Nous avons eu plusieurs versions et nous avons tous flashé sur la même.

Jérôme : Merci pour l'interview, à bientôt, peut-être en tournée.

 

 

Retour